janvier 7, 2022

La « Laïcité » : le cheval de Troie d’une nouvelle Inquisition qui prétend distinguer les bonnes et les mauvaises pensées – les exemples du « Comité Laïcité République » et du « Printemps républicain »

Si la laïcité s’entendait simplement, son instrumentalisation, y compris contre elle-même, n’existerait pas. Hélas, cette complexité, imposée par une richesse de sens, conduit, en France, à ce que son nom soit évoqué et invoqué, notamment par des identitaires de la laïcité, les « laïcards », qui, se plaçant derrière elle, prétendent être, eux, VRAIMENT laïques, et se servent de cette prétention pour affirmer qu’ils sont capables de discerner entre les bons et les mauvais jugements, alors qu’ils se servent du premier article de la loi de 1905, « La République assure la liberté de conscience. » pour mettre en cause ce même usage, « la liberté de conscience » par d’autres. Ainsi, sont visés, les « islamistes et indigénistes ». Mais QUI est, par exemple, « islamiste », et qu’est-ce que c’est qu’être « indigéniste » ? Est-ce une pratique de la conscience, dans sa liberté, qui attaque la loi de 1905, si tant est que nous la confondions elle-même avec LA laïcité ? Prenons l’exemple des « Indigènes de la République » : sur leur site, ils se présentent ainsi « Le PIR constitue un espace d’organisation autonome de tous ceux qui veulent s’engager dans le combat contre les inégalités raciales qui cantonnent les Noirs, les Arabes et les musulmans à un statut analogue à celui des indigènes dans les anciennes colonies : marginalisation politique, stigmatisation de nos cultures et religions (notamment dans les médias), brutalités policières au faciès, discriminations à l’emploi, au logement, à l’école, répression de l’immigration et des habitants des quartiers, etc. Plus généralement, le PIR lutte contre toutes les formes de domination impériale, coloniale et sioniste qui fondent la suprématie blanche à l’échelle internationale. C’est ainsi que nous rendrons hommage à nos parents immigrés et à nos ancêtres colonisés ou déportés qui ont tant lutté pour leur libération. Notre objectif prioritaire est de faire converger, au sein d’une même dynamique antiraciste et décoloniale, l’ensemble des espaces de résistances que se donnent les immigrés et leurs enfants, les habitants des quartiers populaires et les populations originaires des « Dom-Tom ». Il s’agit ainsi de construire une force politique indigène autonome, capable de peser sur l’évolution de la société française et sur les politiques publiques.Le PIR a pour objectif, à plus long terme, la constitution d’un gouvernement décolonial, s’appuyant sur une nouvelle majorité politique dans le pays. Dans cette perspective, il travaille à construire des alliances susceptibles d’engager une dynamique de mobilisation et de regroupement sur une base décoloniale. » Le PIR, parti politique, s’adresse donc en particulier à celles et ceux qui, descendants de celles et ceux que la République française a longtemps qualifié, elle-même, de « Indigènes », font l’expérience que le principe républicain de « Liberté, égalité, fraternité » est un principe abstrait, et, de facto, mensonger (ce que les Gilets Jaunes et d’autres ont également constaté et dénoncé, sans qu’ils soient mis en cause comme étant « anti laïques »). Il s’agit, pour ses partisans, de se défendre, défendre ces descendants, à savoir, les Noirs, les Arabes, et les musulmans, contre, la marginalisation politique (incontestable), la stigmatisation de nos cultures et de nos religions (et nombre de celles et ceux qui sont vent debout contre les Indigènes tiennent des propos qui confirment, chaque jour, cette stigmatisation !), de dénoncer des violences policières (devenues, depuis la création du PIR, en tant que telles, un fait de société en France et ailleurs), les discriminations diverses, dont à l’emploi (démontrées par des études). Ses partisans lient impérialisme internationale et « suprématie blanche ». Et le plus comique est de constater que des racistes leur reprochent d’être « racialistes » – c’est-à-dire de faire référence à la race, ce que ces racistes font, eux, dans un sens prétendument positif (les racistes affirment l’existence des races et la hiérarchie des races), alors que les Indigènes font référence à la « race » en tant qu’expression de la logique d’une domination, de l’affirmation de cette domination, en tant que vérité révélée biologique, l’association d’une logique religieuse avec une logique pseudo-scientifique (Gobineau, etc). A quel moment de telles finalités, de telles analyses, mettent-elles en cause la « laïcité », entendue en tant qu’expression de la loi de 1905 ? Et pourtant, c’est ce que Gilbert Abergel, président du « Comité Laïcité République« , ré-affirme, dans son édito du 30 décembre 2021 : « Pour le militant laïque, le bilan est contrasté : inquiétude née de l’émergence de courants anti lumières au sein même de nos universités, persistance des menées islamistes et indigénistes, montée des populismes, accroissement des inégalités, d’un côté, et, de l’autre, mobilisation des républicains, prises de conscience de la classe politique, détermination à lutter contre les dérives antirépublicaines. Sans doute, cet inventaire des contrastes n’a-t-il aucun sens. A peine peut-il révéler l’extrême complexité d’une société en recherche de repères, prête à sacrifier l’essentiel pour des réponses simples voire simplistes. Tel est, aujourd’hui, le théâtre de nos luttes. Au cours de l’année qui s’achève, le Comité Laïcité République s’est efforcé de porter une parole républicaine, d’intensifier sa participation aux débats, de faire progresser une conception non ambigüe de la laïcité, de développer sa présence sur l’ensemble de notre territoire. » Persistance des menées islamistes ? Mais quelle définition donne t-il à « islamistes » ? Sommes-nous certains qu’il n’y a pas amalgames ? On voit qu’il y a associe la « montée des populismes ». Autrement dit, c’est un large « spectre » d’USAGES LEGITIMES de la liberté de conscience que le président de ce comité prétend pouvoir mettre en cause. Cette situation est très grave : il s’agit de délégitimer, A PRIORI, des citoyennes et des citoyens engagés. Ne prenons même pas la peine de les écouter, de les lire, et de les récuser par des arguments. Ils sont… « hérétiques ». Nous assistons donc, avec les masques de la vertu et de la raison, à une instrumentalisation du nom de la « laïcité », de ses implications, pour affirmer que des citoyens qui parlent devraient se taire, ou qu’il faudrait les faire taire. Or, une telle suggestion à un pouvoir qui dérive chaque semaine dans un autoritarisme toujours plus dangereux et contraire à de vrais principes républicains, n’exprime pas un souci réel du bien public, du bien de chaque citoyen. Il s’agit plutôt d’exprimer la certitude de disposer d’une pensée politique susceptible de permettre d’être utilisée dans une police politique, par un tri entre les bons et les mauvais citoyens. Dont on sait que certains adeptes de cette logique se satisfont d’emm….. les autres, à condition que ceux-ci n’en fassent pas de même. Il faut donc activement contester cette instrumentalisation perverse, contradictoire avec son sens, de la laïcité, par des nouveaux inquisiteurs, qu’ils soient inconscients de leurs menées ou qu’ils en soient, au contraire, très conscients. Et il ne faut pas être surpris de constater l’alliance de ces néo-inquisiteurs, souvent engagés dans des Loges maçonniques, avec des catholiques ultra, pour lesquels l’Inquisition fut une bonne chose (ce qu’ils défendent publiquement, dans des textes, sur des sites Internet, sur les réseaux sociaux, sur le thème « L’inquisition, ce ne fut pas ce que l’on croit… « , ce que l’on croit… ).

NB. : la remarque finale concernant DES loges maçonniques n’implique aucune hostilité de principe contre les franc-maçons, mais tient à constater que c’est au sein de CERTAINES loges maçonniques que nous savons que de telles « idées », analyses, sont tenues et proviennent. Il appartient aux franc-maçons de réfléchir sur ce qu’ils se disent et leurs choix. S’associer à une telle logique inquisitoriale paraît contraire à leur Histoire, à ce que nous savons de leurs, supposés, « principes », sauf s’il s’agit d’une auto-présentation truquée, mensongère.

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