septembre 29, 2021

Le film de Paul Verhoeven « Benedetta » est-il anti catholique et blasphématoire ?

Le film de ce cinéaste est inspiré de la vie d’une nonne, italienne, livre Sœur Benedetta, entre sainte et lesbienne de l’historienne Judith C.Brown, relatant l’histoire de Benedetta Carlini. L’article de Wikipédia qui lui est consacrée se trouve ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Benedetta_Carlini La mise en image de ce récit est-il blasphématoire ou propose t-il un, des, blasphèmes ? La définition élémentaire selon laquelle un blasphème se confond avec une « Parole qui outrage la divinité, la religion, le sacré, et, par extension une personne ou une chose considérée comme quasi sacrée » indique déjà les deux principaux problèmes de « l’affirmation blasphématoire » : un, une divinité peut-elle sérieusement être offensée par une parole humaine, même débile, même idiote, même violente, deux, qui peut dire ce que pense et ressent cette divinité ? Le présupposé blasphématoire est énorme : « je sais » ce qu’est la divinité (Dieu ou les Dieux), et je sais ce qu’elle ne peut accepter, ce qui l’offense, comme une insulte est une offense d’un humain à un autre. Etant donné que le film de Verhoeven illustre ce que fut une histoire réelle, il est impossible de lui attribuer, tant à lui-même qu’au film, une « offense ». En s’attaquant ainsi à une oeuvre plutôt modeste sur le plan intellectuel, les « offensés » à l’offensive démontrent qu’ils ont la même pensée que tous les Manichéens qui se font entendre bruyamment ces dernières années, notamment par ceux qui tuent. Ils se prétendent porte-parole et serviteurs de la divinité. Ils y prétendent, ils se prétendent, mais ils ne peuvent le démontrer. Heureusement pour eux, et malheureusement pour les autres, la définition de leur foi prétend pouvoir se passer de la moindre démonstration. Et si nous-même, nous nous disions porte-parole et serviteur de la divinité ? En allant défendre le film de Paul Verhoeven, en affirmant que ce film fait plaisir à la divinité, puisqu’il y montre, notamment, deux femmes qui ont trouvé le bonheur dans l’union des corps et des coeurs ? Sans doute ne serions-nous pas pris au sérieux, mais pourquoi alors celles et ceux qui disent l’inverse, un, doivent être pris au sérieux, et deux, se prennent eux-même au sérieux ? Problème à la racine… Tant que nous n’aurons pas affronté ces questions psycho-philo-théologiques, nous continuerons à nous trouver dans les mêmes ornières et drames.

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