janvier 7, 2022

« Le serpent et le roquet » : une énième mise en cause de la liberté de conscience

Nous assistons au développement d’une folie, hélas, notamment exprimée, avec zèle, avec des autorités. Il faut prendre en compte que des enseignants étaient conviés à une formation (ils le sont déjà par leurs études, par leurs connaissances, par le fait même que ce sont des professeurs), « Laïcité et les Valeurs de la République », à l’occasion de laquelle les « formateurs » prétendaient monologuer (aucune question n’était autorisée), et à partir de laquelle le Rectorat concerné prétendait « prendre des photos des jeunes filles dont la tenue serait jugée non conforme aux « valeurs de la laïcité » » ! Il faut adresser ici et ailleurs, activement, notre soutien à ce professeur sommé de s’expliquer, saluer son talent littéraire, le remercier pour sa rigueur intellectuelle qui lui impose de ne pas accepter de se soumettre à de telles formations dévoyées.

Voici le poème de Jean de la Fontaine, telle qu’il l’a recréé :

Laissez-nous vous conter la bien étrange fable,

Dont nous devons chercher, depuis lors la morale,



D’un serpent louvoyant, la langue mielleuse,

Qui n’est pas dominant et devient bête hargneuse ;



D’un roquet aboyant, la langue fielleuse,

Sans retour connivent donc d’humeur bilieuse.



Présents parce qu’obligés un matin de novembre,
Les collègues d’un lycée venus la messe entendre,


Furent surpris pour le moins du discours entendu.
De dialogue, il n’y eut point, les questions pourfendues.


Acquiescer sans rien dire, et l’échange banni,
A leurs propos souscrire mais répondre, nenni.


Non, infantilisés, soupçonnés sans détour,
On nous a menacés, main de fer sans velours,


D’être photographiés, convoqués tour à tour,
Par un recteur caché, preuve aussi de bravoure.


Sous le masque se cachant, après les points légaux,
D’exemples iniques en faits divers démagos,


De la laïcité, des affiches de campagne,
On a vite retrouvé les sombres amalgames.


Pour étonner ainsi, leurs propos quels furent-ils ?
Un seul thème choisi, le voile des jeunes filles.


Sans surprise, quel drame, nous nous y attendions.
L’habillement des femmes sous toutes ses variations,


Du pouvoir rétrograde déchaîne les passions,
Dès que vient une estrade, ils hurlent à l’unisson.


Quelle erreur feraient-elles, si en plus d’être femmes,
A l’époque actuelle, elles étaient musulmanes.


C’est de ça, sans erreur, dont on nous a parlé,
De fréquence, de longueur, toute la matinée.


De hijab, d’oripeaux, pas de laïcité.
D’abaya, de bandeaux, pas de fraternité.


De robe et de textile, pas de l’égalité.
De photos, de chevilles, pas de liberté.


Qu’elles nous semblent éloignées, dans ces nuages si lourds,
Ces valeurs qui toutes et tous nous animent tous les jours.

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